le centre scénique

    les artistes qui nous habitent

    En tant que centre scénique, la maison accueille des artistes et compagnies de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour des périodes de résidence de création, dans sa grande et/ou sa petite salle.

    Bâtir

    Un spectacle de Salim Djaferi et Clément Papachristou

    Politique du logement, immigration, urbanisme et représentations…
    Salim Djaferi interroge l’influence du colonialisme sur nos façons de concevoir nos villes et de les habiter.

    Pour cette création, il mêle récits singuliers et histoire collective. Son point de départ : les grands ensembles de Seine-Saint-Denis où sa famille a grandi, et leur ressemblance frappante avec les cités construites dans les années 1950 en Algérie française. Des banlieues à la scène de théâtre : où notre héritage colonial se dissimule-t-il et comment le révéler ?

    Accompagné de son équipe, le metteur en scène mène l’enquête auprès de ses proches, d’habitant·es et de chercheur·ses. En croisant souvenirs intimes et archives publiques, il débusque les manifestations persistantes - et parfois invisibles - de cette construction de l’autre.

    → En résidence à la maison : 

    • du 27.04 au 08.05.26

    → Spectacle programmé à la maison : 

    • les mer 31.03.26 à 20h + jeu 01.04.26 à 13h30 (+ bord de scène après le spectacle)

    BETON

    Un spectacle de la Compagnie Abis / Julien Carlier

    Pièce chorégraphique conçue pour investir les skateparks, BETON explore ces territoires urbains comme des scènes ouvertes, des espaces de friction et de fluidité où le mouvement dialogue avec l’architecture brute. À la croisée du breakdance et du skateboard, la pièce s’empare de ces reliefs et courbes pour en révéler toute la charge physique et poétique.

    Dans cet environnement où la vitesse et l’équilibre sont perpétuellement mis à l’épreuve, BETON orchestre une polyphonie de gestes, où l’impulsion devient trajectoire, où la chute elle-même génère de nouvelles dynamiques. La performance mouvante s’adapte à chaque espace et redéfinit à chaque instant son rapport au public. Ce dernier devient lui-même acteur d’une expérience sensorielle : observer, se déplacer, choisir un point de vue, entrer dans la danse du regard.

    BETON explore les convergences et les écarts du breakdance et du skateboard. Entre accélérations fulgurantes et suspensions, maîtrise et déséquilibre, apparition et disparition, la pièce joue sur la tension entre le contrôle du geste et l’aléatoire du terrain. Une partition où la gravité devient une partenaire, où chaque impact sur le béton résonne comme une empreinte chorégraphique.

    Au-delà de la performance, BETON magnifie l’ordinaire et révèle la part sensible de ces lieux souvent observés de loin et perçus comme bruts et fonctionnels. En jouant avec les lignes du skatepark et en modifiant l’écoute de l’espace par le son et le mouvement, la pièce redessine un paysage en perpétuelle mutation.

    Ces structures pensées pour la performance et la technicité ne sont pas sans rappeler des formes organiques : des dunes de bitume où les humains se comporteraient comme des animaux modernes. BETON joue de cette tension entre la technicité de la ville et le côté sauvage de la nature, entre l’architecture rigide et la spontanéité des corps en mouvement. L’espace urbain devient un nouveau théâtre où matière et corps, ville et passant·es entrent en dialogue.

    → En résidence à la maison : 

    • du 04 au 15.05.26 
      + workshop : mer 23 + jeu 24.09.26

    → Spectacle programmé à la maison : 

    • le ven 25.09.26 à 19h (en extérieur/skatepark · 50' · dès 10 ans)

    → + d'infos sur le spectacle et la compagnie :  https://www.juliencarlier.be/production/beton 

    Les Veilleuses

    Un spectacle de Héloïse Meire / Compagnie What’s Up

    Les Veilleuses est un conte moderne sans paroles qui suit pendant une année trois personnes aidantes et leurs proches dans un même immeuble. Cinq comédien·nes masqué·es incarnant les habitant·es donnent corps à cette fresque chorale, visuelle et poétique. 

    Pendant plusieurs années, Héloïse Meire a mené des ateliers artistiques avec des personnes qui s’occupent au quotidien d’un·e proche. De ces échanges, elle crée une fiction empreinte de leurs récits.

    Les Veilleuses est un conte moderne qui se passe dans un immeuble où trois appartements restent toujours allumés : celui d’une ado confrontée à la bipolarité de sa maman, celui d’un homme qui veille sur son compagnon en soins palliatifs et celui d’une femme, dont le père, de plus en plus confus, a emménagé chez elle. Au fil d’une année, on plonge dans l’intimité de leurs histoires, qui se croisent et entrent en résonance. 

    Le spectacle alterne scènes intimes et moments oniriques, dévoilant les pensées et rêves des personnages. Ceux-ci sont incarnés par des comédien·nes portant des masques intégraux expressifs, un langage visuel fort pour aborder la question du soin et les montagnes russes émotionnelles qui l’accompagnent.

    Les Veilleuses est une œuvre chorale semblable à un roman graphique porté à la scène, qui invite à voir autrement celles et ceux qu’on appelle aidant·es-proches.

    → En résidence à la maison : 

    • du 07 au 18.09.26

    → Spectacle programmé à la maison : 

    • le jeu 19.11.26 à 13h30* + 21h, dans le cadre du Festival Découvertes, Images et Marionnettes
    • *représentation Relax

    → + d'infos sur le spectacle et la compagnie : https://compagniewhatsup.com/les-veilleuses/ 

    Cordélia ou la chair ingrate

    Un spectacle de Leïla Devin

    Théâtre de marionnettes et d'objets.

    Une jeune femme est à la veillée mortuaire de son père. Seule face au cadavre, des images de son enfance lui reviennent par bribes. Souvenirs de violence, uniquement, et une histoire qu’il lui racontait, toujours : celle d’un roi, très vieux et très fatigué, qui décide un jour de léguer son royaume à ses filles, en échange de la preuve d’un amour filial inconditionnel.

    En créant un parallèle entre le comportement violent de son père et celui du roi Lear dans la pièce éponyme de Shakespeare, la jeune femme tente de se réconcilier avec son histoire intime.
    Elle comprendra que cette violence, qui a pleinement tissé les liens d’amour et de haine qui l’unissent à son père, trouve son origine dans un système d’oppression et de domination de classe, et cherchera par tous les moyens à se défaire de cet héritage.

    → En résidence à la maison : 

    • du 14 au 25.09.26

    → Spectacle programmé à la maison : 

    • le jeu 19.11.26, dans le cadre du Festival Découvertes, Images et Marionnettes

    Déjà-vu (titre provisoire)

    Un spectacle de Focus & Chaliwaté 

    « Le geste est pour nous un moyen singulier de créer des images évocatrices, suggestives et métaphoriques. Nous partageons tous les deux une même vision du théâtre : poétique, physique, visuel et artisanal, jouant sur le comique dans le tragique. Nous aimons partir de situations quotidiennes, de la vie de tous les jours pour parler de sujets de sociétés qui nous touchent. Nous avons depuis le début été attirés par cette forme de théâtre qui peut voyager à travers le monde. »

    La Cie Chaliwaté et la Cie Focus poursuivent leur chemin ensemble et leur écriture collective. Ils travaillent actuellement sur la création d’un prochain spectacle : MODESTY (titre provisoire).

    Après avoir traité du déni face à l’urgence du changement climatique et de la perte de la biodiversité, les compagnies Focus & Chaliwaté souhaitent aborder le système inégalitaire du capitalisme porté à son paroxysme aujourd’hui par quelques milliardaires, cause de cet effondrement de la vie sur terre. Le spectacle puise son originalité dans un regard surréaliste et humoristique porté sur la classe des ploutocrates. Le spectacle explore le décalage absurde entre la petitesse de l’être humain et son désir mégalomane de domination, ainsi que la folie matérialiste sans limites qui en découle.

    Animés par une compétitivité insatiable et coupés du réel par leurs propres excès, des personnages évoluent dans des espaces scéniques métaphoriques, construits par le jeu des échelles, le théâtre d’objet, la scénographie et le son. Ces lieux surréalistes, aux contours flous, traduisent leur déconnexion du monde.

    À travers trois récits, se déploie la chronique d’une chute : celle d’un système à bout de souffle, annonçant la fin d’un règne et la reprise du pouvoir par le peuple et la nature laissant la biodiversité et le vivant reconquérir leur place. 

    → En résidence à la maison : 

    • du 09 au 15.05.26
    • + du 06 au 17.09.27

    → Spectacle à découvrir à la maison : 

    • saison 27-28

    → + d'infos sur le spectacle et la compagnie : http://www.chaliwate.com/ 

    The opening door

    Un spectacle de Justine Lequette

    Qu’en est-il de nos héritages féminins ?
    En tant que femmes, de quoi héritons-nous passivement ? De quelles histoires ?
    Pouvons-nous refuser d’hériter ?
    Et de qui pouvons-nous choisir d’hériter ?

    Dans la première partie du spectacle, Justine Lequette mène une enquête sous la forme d’un monologue. Elle y interroge l’histoire des femmes d’une famille, la sienne, pour tenter de répondre à cette question : qu’est-ce qui crée de génération en génération une continuité dans les assignations et les enfermements ?

    Elle tire le fil d’une lignée : la grand mère – la mère – la fille. La grand-mère, femme discrète dont on dit qu’elle était « une femme sans histoire » ; la mère, mère au foyer souriante sur les films de famille mais habitée de mélancolie dans les souvenirs véritables ; et enfin la fille, mère à son tour, créatrice qui tente
    de s’émanciper et se rend compte que se joue malgré elle une reproduction des mécanismes patriarcaux.

    Entre une écriture des faits – à l’instar d'Annie Ernaux – et une écriture de l’inconscient qui laisse place à une mémoire plus poétique et sensible, c’est la mémoire et la question de ce qui fait récit qui sert de fil rouge dans cette première partie : qu’est-ce qui fait histoire ? Qu’est-ce qui fait évènement ?
    Comment les mémoires féminines systématiquement s’effacent ? Pourquoi les tait-on ? Pour servir quels intérêts ?

    Cette enquête, si elle part de l’histoire située d’une femme blanche occidentale du XXIème siècle, sera mise en relation en permanence avec la grande histoire : celle du patriarcat, de l’émancipation des femmes, celle d’autres catégories de femmes invisibilisés par le récit lui-même, celle encore récente
    de l’histoire des femmes – écrite dans les années 70 par des figures comme Michelle Perrot notamment.

    La seconde partie du spectacle forme une rupture esthétique et formelle avec la partie 1. Elle est portée par un groupe de quatre actrices âgées de 30 à 65 ans, qui incarnent des créatrices connues ou moins connues de l’histoire de l’art – dont Virginia Woolf, Louise Bourgeois, Delphine Seyrig, Marguerite Duras, Francesca Woodman… Femmes d’époques diverses qui ont toutes fait des trajets d’émancipation, femmes ayant toutes vécu et exprimé dans leurs oeuvres la tension permanente entre leurs désirs créatifs et les barrières – concrètes ou intériorisées – qu’elles ont dû surmonter pour les réaliser du fait de leur condition féminine.

    Parce que la légitimité donnée aux femmes de créer constitue encore une résistance très forte du patriarcat, Justine Lequette convoque ces figures comme une lignée choisie et subjective, héritage possible pour nous aider à penser notre condition aujourd’hui.

    L’écriture de cette seconde partie se fera à partir du plateauen partie avec des matériaux textuels tels que « La maison » de Marguerite Duras dans La vie matérielle ; des extraits de Trois Guinées de Virginia Woolf, des passages documentaires de Louise Bourgeois parlant de son oeuvre, des coups de gueule de Delphine Seyrig ; et en partie à partir d’improvisations.

    Les quatre actrices seront en permanence au plateau et glisseront d’un personnage à l’autre à vue, dans une théâtralité sans 4ème mur. Le théâtre ici se donne à voir, s’assume comme jeu et possibilité de faire revivre des figures inspirantes du passé, leur donner corps dans un ici et maintenant afin d’instaurer un dialogue avec le public : qu’est-ce que ces créatrices ont à nous dire aujourd’hui ? Et qu’ont-elles à se dire entre elles ? Qu’ontelles à solder ? Quelles histoires à réveiller ? Quelles victoires à venir à préparer ?

    → En résidence à la maison : 

    • 16 au 27.02.26

    → Spectacle à découvrir à la maison : 

    • saison 27-28

    → + d'infos sur le spectacle et la compagnie : https://www.theatrenational.be/fr/productions/4702-the-opening-door-o-justine-lequette