Ne sommes-nous pas de plus en plus nombreux et nombreuses à nous interroger sur l’impact de nos productions fussent-elles artistiques ?
Et l’industrie textile n’est-elle pas l’une des plus polluantes ?
Le premier geste de Dorothée Van Biesen, c’est le don, ou la trouvaille. Elle part de ce qu’elle reçoit : un tissu, un logo, un canevas, des morceaux d’images dont elle recueille ou imagine l’histoire. Ces fragments portent leurs couleurs, leurs textures et des récits en suspens. Elle les assemble et, en créant d’autres narrations -celles qu’on avait reléguées pour cause de « mauvais goût », elle répare.
Armée de ciseaux et de fil, Dorothée ravive la flamme des Riot Grrrls , dont les fanzines en collages rapiéçaient du collectif : ses œuvres cousent entre eux des « je » et des « elles » pour reformer un « nous ». Chaque couture devient un lien visible, un cri partagé. Dorothée revendique cette esthétique du désordre, héritée du féminisme DIY : faire avec les moyens du bord, refuser la virtuosité, préférer la sincérité du geste au lissage du savoir-faire.
Son travail visuel s’inscrit dans un écosystème d’échanges et de complicités.
Commissaire, rassembleuse, couturière d’images, elle crée du tissu — au sens littéral comme au sens social.
Chaque assemblage devient une occasion, une fête, une révolte douce : elle compose et re-compose des émeutes visuelles pour un monde plus fort et plus doux.
[David LeSimple 2025]
©Photo : Dorothée Van Biesen
du ven 17.04 au dim 17.05
mer → dim, 14h → 18h
vernissage : ven 17.04, 18h